RUBRIQUE : Politique
Berlusconi tape sur les expatriés italiens - le retour
"Nous sommes des résidents de série B...". Sans jeux de mots crapuleux, aux antipodes d'une allusion népotiste au Cavaliere, le constat d'Umberto Angrisani fait soupirer les personnes dans la salle. La vingtaine de visages, marqués par les années, a les yeux fixés sur le représentant de l'INAS (Institut National d'Assistance Sociale) pour le canton de Vaud.
"Il faut montrer patte blanche. Vous êtes la première de la journée"
Ah, le Service de la population de Lausanne (SPOP). Redouté par certains, critiqué par d'autres, le lieu est LE passage obligé pour les requérants. J’habite à côté mais voilà, jusqu’à ce mercredi 10 octobre, j’étais totalement ignorant du quotidien de ce service qui pourtant ne désemplit pas. Ma première visite au SPOP sera la première d'une longue série. Je viens soutenir Hassan* du Sénégal, qui vient effectuer son ultime interrogatoire. Le but ? Déterminer s’il n’a pas menti sur sa situation lors des interrogatoires précédents et savoir s’il est « renvoyable ou pas », selon un membre du personnel. A l’entrée du service, un membre de la sécurité me demande mes papiers. Surpris, je m’exécute et me risque à une petite blague douteuse : « C’est la gestapo ici !! » Un sourire en coin, le vigile me répond : « Il faut montrer patte blanche. Vous êtes la première de la journée. »
Paroles de requérant d'asile
Tout débute au mois de septembre et mes premières rencontres avec Moussa*, jeune requérant Afghan de 28 ans, Hassan*, 30 ans, du Sénégal et Diope*, 43 ans, d’Erythrée. 12 semaines pendant lesquelles nous nous sommes vus, pendant lesquelles j’ai pu partager leur quotidien, tenter au mieux l’immersion dans leur réalité. Deux mois qui m’ont permis de voir évoluer la situation, de dormir dans les centres et de recueillir les témoignages. Diope n’est malheureusement plus là pour en parler. Un mois après sa dernière audition au Service de la Population, il vient d’être renvoyé. Je l’ai accompagné pour son dernier voyage…… à l’aéroport de Genève Cointrin sous escorte policière. Hassan n’a plus donné signe de vie. Il est sur le départ. Moussa, lui, est toujours là. Il s’accroche tant bien que mal. Difficile quand tout est fait pour vous faire partir. Originaire de Kaboul, il a vécu plusieurs drames dans sa vie, dont le dernier se joue ici, en Suisse. Témoignage.
Berlusconi tape sur les expatriés italiens
Samedi 29 novembre, il est à peine 11 heures du matin. Devant l'entrée du Consulat d'Italie, rue du Petit-Chêne, une vingtaine de personnes sont rassemblées. Une heure après, ils seront une bonne centaine, brandissant pancartes et panneaux sans équivoque: Vergogna!!!, (une honte!!), Voglio la scuola (Je veux l'école), Berlusconi non riconosce che gli italiani all'estero sono risorse per l'Italia, vergogna! (Berlusconi ne reconnaît pas que les Italiens expatriés sont une ressource pour le pays, c'est une honte!).
Arrêtez de fumer ou vous finirez tous par vous piquer!
Il a 23 ans et toutes ses dents, contrairement à celles de Monique, fidèle consommatrice de produits illicites, rencontrée plus tôt dans la journée à la Riponne. Lui, c'est Kevin Grangier, président des jeunes UDC vaudois et porte-parole adjoint du parti Suisse. C'est à Vevey, par un froid mordant, que je devais rencontrer le jeune loup de la politique et farouche opposant aux initiatives soumises au vote le 30 novembre. En ce samedi matin, jour de marché, la ville de l'Est Lémanique fait figure d'étape pour la délégation des jeunes de la droite extrême. Fausses seringues en main et slogans chocs, ils interpellent le badaud. Sur la place, face au stand, j'attends mon invité. Retenu à Berne, celui-ci s'excuse de ne pouvoir être présent à l'heure. Ce sera à Lausanne, un peu plus tard finalement, que je le rencontrerai. Avant le retour, j'en profite tout de même pour prendre une fausse seringue et un stylo. Ca sera pour Monique, si je la recroise. Ca la fera rigoler.
Dossier: Drogue





Par mbsee